La violence des riches

Dans «la Violence des riches», Michel et Monique Pinçon-Charlot décortiquent «lala-violence-des-riches-de-monique-pincon-charlot-961783395_ML mécanique de domination» s’exerçant depuis le haut de l’échelle sociale.

Le couple de sociologues  «la mécanique de domination» s’exerçant depuis le haut de l’échelle sociale. Une violence économique et symbolique que les auteurs jugent redoublée par la crise, et dont les terrains sont l’usine comme la ville, la rue comme le petit écran. Sans oublier les mots, dont, en réplique à leurs adversaires, les auteurs usent sans pudeur :  «guerre des classes», «bourgeois» et «ouvriers» cessent ici d’être des concepts tabous.

La violence dans les rapports sociaux s’est beaucoup aggravée avec cette nouvelle phase du capitalisme, le néolibéralisme, dans laquelle la finance prend le pas sur la politique.

violence économique, qui met au chômage des millions de Français ; violence idéologique, avec les experts médiatiques en tous genres qui nous assomment de chiffres et de prévisions auxquelles on ne comprend rien.

L’effet sur les gens est désarmant. Le sentiment dominant est que les marchés commandent, que les agences de notation sont souveraines, que tout cela est naturel et que l’on n’y peut rien. L’idée même de changement n’est plus pensable.

Le langage  est essentiel, et consiste à faire passer les riches pour des bienfaiteurs, les ouvriers comme des «charges». Il y a une entreprise de corruption du langage, une escroquerie linguistique, qui passe souvent par des oxymores comme «flexisécurité» ou «croissance négative». Ce procédé néolibéral corrompt profondément le cerveau. La pensée critique est largement absente des plateaux de télévision. Et les gens s’habituent à ne plus comprendre, à ne faire que consommer.

Source : Libération

Comments are closed.